01 juin 2010

Net Onfray Sciences humaines

Sur le Net, pour ou contre Michel Onfray

Jean-François Marmion

Article publié le 12/05/2010 dans la section « Le cercle Psy » de Sciences Humaines.com

En 2005, Le Livre noir de la psychanalyse avait déchaîné les passions. Amplifié par Internet, le tohu-bohu provoqué par Le Crépuscule d’une idole, brûlot du philosophe Michel Onfray s’attaquant à Sigmund Freud, n'a rien à lui envier. L’historienne Élisabeth Roudinesco a été l’une des premières à réagir dans Le Monde, avec une tribune dénonçant des approximations historiques et un argumentaire rappelant d’anciennes imprécations d’extrême droite contre la psychanalyse. Michel Onfray y a opposé un droit de réponse. Début mai, coup de théâtre : Laurent Beauvais, président de la Région Basse-Normandie, raconte sur son blog qu’il s’est entretenu au téléphone avec Élisabeth Roudinesco à propos du financement de l’Université populaire de Caen, créée par Michel Onfray, souhaitant notamment savoir si la Région aidait « vraiment » cette institution alors que le philosophe, selon elle, n’a pas les qualifications universitaires requises pour contester Sigmund Freud. Le Canard enchaîné et Libération relaient alors l’information, ce qui déclenche une réaction d’Élisabeth Roudinesco : elle fait savoir, par son avocate, que c’est Laurent Beauvais lui-même qui l’a appelée « sur son portable à 8 h 30 du matin », pour des motifs qu’elle ne précise pas, et qu’elle en a profité pour l’inviter à une conférence qu’elle donnera le 27 mai à l’Université de Caen pour la sortie de son livre Pourquoi tant de haine ? Elle nie avoir « demandé le retrait de quoi que ce soit concernant l’Université populaire de Monsieur Onfray ». Sur son blog, Michel Onfray soupçonne cependant des manœuvres destinées à couper les subventions de son Université populaire.

Pendant ce temps, les échanges cinglants se multiplient. Même s'ils font souvent dévier le débat de pour ou contre la psychanalyse à pour ou contre Élisabeth Roudinesco ou Michel Onfray, ils semblent intéresser le grand public puisque par exemple, le week-end du 8 mai, 4 des 10 articles les plus commentés ou envoyés sur le site du journal Le Monde concernaient cette polémique. Citons, parmi bien d’autres, les tribunes du psychanalyste Daniel Sibony (Les analysants n'ont que faire de savoir si Freud était un héros ou un sale type), ou du philosophe Marc Strauss (Le ressentiment du philosophe, une demande d'analyse en souffrance). Ou encore, dans le camp adverse, celles de deux auteurs du Livre noir, l’historien Mikkel Borch-Jacobsen (Le crime de M. Onfray ? Avoir suggéré que Freud n'était pas de gauche) et le professeur émérite de psychologie Jacques Van Rillaer (Les légendes freudiennes de Mme Roudinesco, en version longue ici.

Signalons enfin, pour qui souhaite se faire une opinion, des témoignages individuels parmi lesquels celui d’une analysée, Téri Feugeas (Lettre à Michel Onfray), revenant sur les bienfaits de sa cure, ou celui d’Esteve Freixa i Baqué, professeur de psychologie à l’université Jules Verne de Picardie (L'incroyable affaire du Master comportementaliste à Amiens), qui dénonce l’« intolérance » de ses confrères psychanalystes.


Commentaires sur Net Onfray Sciences humaines

Nouveau commentaire